Ce 14 février, tous les restaurants afficheront complet, les fleuristes feront des affaires d’or et les bijoutiers écouleront leur stock de pendentifs en forme de cœur. Évidemment, ce 14 février, c’est la Saint-Valentin, la fête des amoureux, mais parfois on croirait plutôt que c’est la fête des commerçants.

La semaine dernière, alors que j’étais attablé dans un des restaurants sympas du centre-ville, un employé de la place me suppliait poliment de changer de table afin qu’il puisse entreprendre des préparatifs publicitaires pour la Saint-Valentin. Sans équivoque, le monde s’affole à l’approche de cette date où la ville étalera le rouge, la couleur de l’amour, et ce, des amoureux soucieux d’être à la hauteur des attentes aux commerçants qui verront leurs chiffres d’affaires tripler.

Qui est donc ce Saint-Valentin, qui célèbre les aimants et éveille la solitude des célibataires?

Ordonné « saint patron des amoureux » par l’Église catholique romaine, Valentin était avant tout une fête païenne antique symbolisant la fécondité du mois de février. Ce n’est toutefois qu’au Moyen Âge que ce jour s’accordera avec l’amour romantique.

Le romantisme au Moyen-Âge

À cette époque, cette fête était à l’abri du mercantilisme.

Des Commerçants Heureux

Pour vous mettre en contexte l’allure capitaliste qu’a prise la Saint-Valentin, je vous fais part de la confession d’un gérant d’un restaurant chic de Montréal : « Un groupe de quatre personnes, dont deux couples, a réservé huit bouteilles de vin, et d’autres, pour des traitements  »VIP » allant jusqu’à l’organisation d’une soirée surprise, ont dépensé une fortune ».

On aura tout entendu. Un surprise St-Valentin pour son amoureux/se. Celui ou celle qui réussit une telle mise en scène mérite bien de gagner l’Oscar du meilleur réalisateur.

Une amie très proche,  qui est à la tête du prestigieux fabricant de bijoux Créations Youd, refuse de dévoiler son volume de ventes, mais par son enthousiasme manifesté à la veille de la Saint-Valentin, je devine que cette fête sourit à son commerce.

 Ne dépense pas l’argent que tu n’as pas, Charlie Brown!    —  Alain

En sondant d’autres commerçants qui ont un lien direct avec la fête des amoureux, même son de cloche : dépenses démesurées. Dire que certains de ces Valentins et Valentines ne se sont même pas encore remis de leurs dépenses douloureuses des fêtes de Noël et du nouvel an.

Exemple de la commercialisation de la Saint-Valentin

Comme dit souvent mon ami Alain, un économiste chevronné : « Ne dépense pas l’argent que tu n’as pas, Charlie Brown! ». .

Un nombre important de ces amoureux dépensiers aiment croire que « quand on aime, on ne compte pas ». Certes. Cependant, il existe un dicton populaire qui contredit ce vieil adage : « L’amour ne s’achète pas, car l’affection n’a pas de prix ».

L’Amour et l’Argent Font-ils Bon Ménage?

Or, où se cache l’amour romantique que représente la date du 14 février?

A-t-il été englouti par le capitalisme moderne?

La femme moderne, autonome et aisée financièrement, est-elle devenue plus exigeante? Ou plutôt, l’homme d’aujourd’hui, insécure face aux changements sociaux de la femme, en fait-il trop?

Trouver réponses à ces questions n’est pas chose simple.

Il est cependant facile d’affirmer que de nos jours, le « Je t’aime », qui est la pierre angulaire de la linguistique de l’amour, est verbalisé par des bouquets de fleurs à la douzaine, des bijoux et des multiples bouteilles de champagne. Et pourquoi pas une cargaison de boîtes de chocolat venant de la Suisse…

Cadeau, roses rouges et… l’amour

Cela dit, quand l’amour se conjugue avec l’argent, le romantisme s’efface.

Cette situation ne signifie surtout pas que l’amour est absent le 14 février, mais qu’il est atténué et distrait par le matériel.

En toute franchise, j’avoue avoir moi-même participé à ce genre de manifestation superficielle de l’amour à la Saint-Valentin quand j’étais plus jeune. Je percevais l’amour tel que présenté dans les histoires d’amour des films d’Hollywood.

Et souvent, un sentiment d’insincérité venait ruiner ma soirée. C’était sûrement dû à mon dédain pour le mimétisme social.

Une Saint-Valentin Plus Authentique et Inclusive

Au fil des ans, et avec un peu plus de maturité, j’ai pu définir l’amour à ma manière.

Par exemple, j’ai fini par comprendre qu’il n’y avait pas assez de karats dans un pendentif en or pour égaler mon amour exprimé quotidiennement, et que, quelle que soit la quantité, les roses rouges que j’offrais se faneraient, mais mes écrits romantiques dans une carte de souhait resteraient.

Je plaide pour une Saint-Valentin plus inclusive, à laquelle célibataires et enfants pourraient participer joyeusement

Devrions-nous célébrer la St-Valentin malgré sa commercialisation? Bien sûr!

Que chacun soit libre de célébrer cette fête dédiée à l’amour avec un peu plus d’authenticité en oblitérant son caractère marchand ou dans un esprit de cohésion sociale, en acceptant les clichés qui y sont associés.

Des amoureux célébrant la Saint-Valentin simplement

Personnellement, la Saint-Valentin me donne l’occasion de poser des gestes simples susceptibles d’aider des gens que je côtoie et  me permet d’exprimer mes sentiments à mes très chers lecteurs en utilisant le « Je vous apprécie », une autre pièce importante du langage de l’amour.

D’ailleurs, je plaide pour une Saint-Valentin plus inclusive, à laquelle célibataires et enfants pourraient participer joyeusement.

Pourquoi?

« Because it’s 2018 », comme dirait notre Premier ministre rassembleur.

Joyeuse Saint-Valentin à tous.

Walter Innocent Jr
Author

J'écris par passion. Je blogue par souci d'une meilleure compréhension du monde complexe dans lequel nous vivons. À travers mes écrits, je compte vous faire voyager dans tous les coins de la planète afin de découvrir et d'explorer les réalités sociales et culturelles de différentes sociétés.

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